La méthode
Comment BikeHub calcule l’usure d’un vélo
Le modèle, facteur par facteur : ce qui fait avancer le compteur d’une pièce, d’où viennent les seuils, et ce que le calcul ne sait pas faire.
Mis à jour le 6 août 2026 · Documentation BikeHub
En bref
BikeHub ne compte pas les kilomètres : il compte des kilomètres pondérés. Chaque sortie est convertie en usure réelle pour chaque pièce montée, en multipliant sa distance par des facteurs mesurés — pluie, dénivelé, poids total, terrain, lubrifiant, énergie dépensée — puis comparée à un seuil propre à cette pièce et à cette discipline. Quand le compteur approche du seuil, l’alerte part.
1. Le principe : un compteur par pièce
Un vélo n’a pas une usure, il en a une vingtaine. La chaîne, la cassette, les plaquettes avant, les plaquettes arrière, les disques, les pneus, le boîtier de pédalier, le jeu de direction, les câbles, la fourche, l’amortisseur, la tige télescopique, le moteur, la batterie : chacun a sa propre unité, son propre seuil et son propre rythme.
À chaque sortie importée — depuis Strava, un fichier FIT, TCX ou GPX, ou une saisie manuelle — la distance est répartie sur les pièces effectivement montées à cette date, puis pondérée. Les suspensions font exception : elles se comptent en heures, parce que ce qui les use est le nombre de cycles de compression, pas la distance.
2. Les facteurs de pondération
Voici les multiplicateurs appliqués à la distance d’une sortie. Ils se cumulent : une sortie de montagne sous la pluie avec des sacoches est comptée bien au-delà de sa distance réelle.
| Facteur | Sur quoi il agit | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Pluie | Chaîne, cassette | jusqu’à ×2,5 |
| Pluie | Plaquettes | jusqu’à ×3 |
| Dénivelé (D+/km) | Plaquettes | jusqu’à ×2 |
| Dénivelé (D+/km) | Transmission | jusqu’à ×1,4 |
| Poids total (cycliste + machine + charge) | Transmission, pneus, roulements | proportionnel |
| Énergie dépensée (kJ) | Transmission | ×0,75 à ×1,5 |
| Lubrifiant (wax / dry / wet) | Chaîne | selon conditions |
| Saison | Transmission (sel, humidité) | hiver majoré |
| Home-trainer | Transmission uniquement | freins et pneus non comptés |
Le facteur « énergie dépensée » mérite un mot : quand la sortie porte une mesure de puissance, l’usure de la transmission suit le couple réellement transmis et pas seulement la distance. Deux cyclistes de gabarits différents sur le même parcours n’usent pas leur chaîne au même rythme, et c’est mesurable.
3. Les seuils : d’où viennent les chiffres
Le seuil d’une pièce, c’est la taille de son réservoir. Il vient, par ordre de précision décroissante :
- De la référence exacte de la pièce quand elle est connue : un Continental GP5000 et un Schwalbe Marathon Plus n’ont pas la même durée de vie, et l’écart est du simple au double.
- De la discipline sinon : route, gravel, VTT, ville, VAE. Une chaîne de route est calibrée autour de 2 500 km, une chaîne de VTT autour de 1 500 km.
- Des préconisations constructeur pour tout ce qui en a : intervalles de service de suspension en heures, cycles de batterie, seuils d’allongement de chaîne.
- De ta propre pratique, enfin : chaque remplacement enregistre sa raison, et un seuil personnel se propose quand tes remplacements s’écartent systématiquement de la référence.
4. Le couplage entre pièces
Certaines pièces s’usent entre elles, et le modèle en tient compte. Le cas principal est la transmission : une chaîne dont l’allongement dépasse son seuil accélère l’usure de la cassette, parce qu’elle commence à marquer les dents à son propre pas. Le compteur de la cassette avance donc plus vite lorsque la chaîne est en retard de remplacement.
5. La mesure a toujours le dernier mot
Le modèle est une estimation. Sur une chaîne, la vérité est dans la jauge d’usure — un outil à 5-15 € qui mesure l’allongement réel. Sur des plaquettes, c’est un pied à coulisse et l’épaisseur restante en millimètres.
BikeHub accepte ces mesures : une valeur relevée à l’outil recalibre le compteur et corrige la trajectoire pour la suite. Le rôle du calcul n’est pas de remplacer la mesure, c’est de dire quand la faire — parce que le vrai problème d’entretien n’est jamais de savoir mesurer, c’est d’y penser.
6. Ce que le modèle ne sait pas faire
Publier une méthode oblige à publier ses limites. Voici les principales, telles qu’elles sont aujourd’hui :
- La boue n’est pas la pluie. La précipitation est relevée à l’heure de la sortie. Un terrain détrempé par l’averse de la veille compte comme sec.
- Les sous-disciplines n’existent pas. « VTT » couvre le cross-country et la descente, dont les écarts d’usure sont pourtant plus grands qu’entre route et VTT.
- Les intervalles de suspension sont uniformes. Le service de base est posé à 50 heures pour tout le monde, quand les constructeurs distinguent la vidange basse du service complet.
- Le poids des bagages n’est pas compté séparément. Le poids du cycliste est connu, celui du chargement doit être renseigné pour entrer dans le calcul.
- Le barème de coût est générique par type de pièce. Une cassette haut de gamme et une cassette d’entrée de gamme partagent aujourd’hui le même prix de référence dans les estimations.
Ces limites sont connues et travaillées. Elles sont écrites ici parce qu’un modèle dont on ne connaît pas les bords ne mérite pas qu’on lui fasse confiance.
7. Ce que BikeHub ne mesure pas, volontairement
Aucune métrique de performance. Pas de watts affichés, pas de FTP, pas de classement, pas de comparaison avec d’autres cyclistes. Strava mesure l’effort ; BikeHub mesure la machine. La puissance n’entre dans le produit que comme une variable d’usure — jamais comme un score.
Questions fréquentes
Pourquoi ne pas simplement compter les kilomètres ?
Parce que deux sorties de 50 km n'usent pas pareil. Une sortie sous la pluie use une chaîne environ 2,5 fois plus qu'une sortie sèche, une sortie de montagne use les plaquettes bien plus qu'un parcours plat, et dix kilos de sacoches changent la donne sur tous les postes. Le kilométrage seul donne un ordre de grandeur, pas une décision.
D'où viennent les durées de vie de référence ?
De trois sources croisées : les préconisations des constructeurs quand elles existent, les références par modèle de pièce quand la pièce est identifiée, et des fourchettes d'atelier par discipline pour tout le reste. Une pièce identifiée précisément a un seuil plus juste qu'une pièce générique.
Le calcul remplace-t-il la mesure à l'outil ?
Non, et c'est un point important. Le modèle dit quand sortir la jauge ; la jauge décide. Sur une chaîne, la mesure d'allongement reste l'arbitre final, et une mesure saisie dans l'application recalibre le compteur.
Puis-je corriger un seuil qui ne correspond pas à ma réalité ?
Oui. Chaque seuil est ajustable, et le remplacement d'une pièce enregistre la raison du remplacement : si tu changes systématiquement plus tôt ou plus tard que le seuil proposé, il s'ajuste à ta pratique.
La météo est-elle vraiment celle de ma sortie ?
Oui : la précipitation est relevée à l'heure et au lieu de la sortie, pas à la journée. La limite connue est le terrain détrempé par la pluie de la veille — la sortie compte alors comme sèche alors qu'elle ne l'est pas.